Eric Girard

Si vous ne connaissez pas grand chose au basket-ball , vous ne connaissez sûrement pas Eric Girard.

Et pourtant, ancien joueur professionnel à Cholet il est devenu entraîneur des plus grandes équipes françaises : Cholet , Limoges,   Strasbourg…  une sorte de Laurent Blanc de sa discipline.

A ce titre il a remporté le titre de champion de France, deux coupes de France, il a conduit ses équipes en coupe Korac (coupe d’Europe des clubs). Bref un sacré sportif.

Eric Girard a subi en 2011 une laryngectomie partielle suivie un an plus tard d’une laryngectomie totale.

Pour ce grand sportif,  bien entendu son cancer du larynx pouvait signifier la fin du monde, en tout cas de son monde.

Donc il fallait se battre et malgré son handicap , toutes les difficultés que nous avons nous aussi vécues,  il a gagné ce match , sûrement le plus important de sa vie.

Il est actuellement entraîneur de l’équipe de Le Portel équipe de pro D1,  qui engrange d’excellents résultats.

Bien sûr pour obtenir ces résultats il faut avoir une volonté hors du commun, un immense orgueil. Et si on admire l’homme,  on peut être agacé par sa condescendance et son léger mépris vis à vis des moins combatifs, nous n’avons pas tous la chance d’être des sportifs de haut niveau.

Toute son expérience de laryngectomisé,  Eric Girard la raconte dans un livre : « Je n’ai qu’une parole » aux éditions de la Martinière. Son livre  est disponible en librairie et sur internet par les grands sites de ventes en ligne. Je vous incite à le lire car c’est un livre plein d’espoir pour notre communauté.

Eric Girard nous a fait l’amitié d’un petit mot que je vous livre :

Nous, qui sommes privés d’une parole libre et spontanée, n’avons plus souvent voix au chapitre. La laryngectomie est un long traumatisme postopératoire puisque cette mutilation conditionne le reste de notre existence.

L’accepter est une étape à franchir, s’y résigner en est une autre à combattre. Car la condamnation progressive au silence, à l’exclusion sociale, à la réclusion, emprisonne peu à peu les forces de vivre.

J’ai voulu partager mon expérience, mon cheminement. Dire – écrire – que le handicap le devient vraiment si on le subit, si on s’y soumet. Refuser la fatalité qu’on nous promet, repousser l’isolement, rester vivant parmi les siens. Mon témoignage est une prise de parole qui porte pour toute une communauté. On ne doit pas baisser les bras. Pour soi-même, pour ceux qui nous entourent.

Eric Girard