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Des mesures préventives
Conférence du Pr REGNARD (CHU Besançon)
Deux mesures semblent primordiales :
-filtrer l'air inspiré de manière à limiter
l'entrée de particules dans les voies aériennes.
-limiter la déshydratation de la muqueuse trachéobronchique,
ce qui peut être réalisé en captant l'eau
contenue dans le volume gazeux expiré de manière
qu'elle humidifie l'air entrant à l'inspiration suivante.
Les résultats de deux études récentes
laissent entrevoir les bénéfices qui peuvent
être attendus de ces mesures.
Chez les sujets qui ont utilisé pendant
3 mois un filtre capable de retenir une partie de l'air expiré
(reprise à l'inspiration suivante), Hilgers et Coli.
ont observé une diminution progressive de la toux,
du volume d'expectorations, des soins du stoma tandis que
les débits inspiratoires maximaux étaient améliorés.
Subjectivement, les mêmes sujets se sentaient moins
essoufflés, moins fatigués, moins anxieux et
dormaient mieux. Ces modifications objectives et subjectives
n'étaient pas observées chez les sujets témoins
non pourvus de l'appareillage. Ces résultats très
intéressants ont été obtenus avec un
appareillage fruste si on le compare à la prothèse
Cyranose, beaucoup plus élaborée que la société
française Ceredas propose depuis peu.
En Italie, des sujets trachéostomisés
ont utilisé pendant 10 jours un filtre hygroscopique,
ce qui a diminué la viscosité des sécrétions.
Avec le port du filtre, celles-ci étaient plus claires
et la colonisation bactérienne bien moindre. Le filtre
hygroscopique augmentait la température du gaz trachéal
et limitait son refroidissement lors de l'hyperventilation.
A la fin des 10 jours d'essai du filtre échangeur d'eau,
le VEMS, la pression inspiratoire maximale et le débit
ventilatoire maximum étaient augmentés, témoignant
d'une amélioration de la fonction respiratoire.
Ces études d'une durée limitée
et réalisées avec des équipements simples
font penser qu'il est possible de réduire considérablement
les agressions auxquelles est soumis l'appareil respiratoire
des laryngectomisés et d'éviter les dégradations
fonctionnelles et histologiques. Il serait utile de documenter
plus précisément l'histologie et les fonctions
des voies aériennes après laryngectomie et d'apprécier
comment les dispositifs protecteurs modifient l'état
de leur appareil respiratoire.
Conférence AG Paris 1995 / Archives
de l'Association
Les Laryngectomisés et Mutilés de la Voix de
la Région Parisienne
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