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La radiothérapie
: Problèmes bucco-dentaires
Les patients qui reçoivent une irradiation
postopératoire, doivent avoir une mise en état
dentaire avant leur sortie, afin de ne pas retarder la date
de mise en traitement. Aucune extraction dentaire ne peut
être réalisée en cours de traitement.
Des gouttières d'application de fluor
doivent être confectionnées et appliquées
quotidiennement. Il faut prévenir le patient des effets
secondaires : brûlures pharyngées, mucites, gênant
l'alimentation et pouvant nécessiter la remise en place
d'une sonde naso-gastrique. La surveillance du poids doit
être quotidienne.
Les effets de l'hyposialie peuvent être
atténués par des bains de bouche réguliers
au bicarbonate de sodium à 14 %, et d'éventuels
fluidifiants bronchiques. L'agueusie et l'anosmie constituent
une gêne transitoire supplémentaire.
Il faut proscrire toute application de pansements
adhésifs, de produits gras ou chimiques, au niveau
cervical. En cas de radiodermite exsudative on peut appliquer
de l'éosine aqueuse sur les régions ulcérées.
Le patient doit utiliser un rasoir électrique
et ne pas se raser de trop près. Il ne doit pas s'exposer
au soleil pendant et après le traitement.
Pendant la deuxième moitié du
traitement, la radiothérapie entraîne une asthénie
et des brûlures qui se prolongent environ 2 semaines
après l'arrêt du traitement.
Après le traitement le patient peut lutter contre la
sécheresse buccale avec certains médicaments
ou gomme à mâcher et surtout en emportant avec
lui une bouteille d'eau. La confection d'une prothèse
dentaire adjointe ne pourra se faire qu'après la disparition
de l' dème muqueux, soit environ 2 mois après
la fin du traitement.
Problèmes buccaux après irradiation
Une étude d'outre Atlantique montre que
63 % des laryngectomisés se plaignent de gêne
au niveau de la cavité buccale, 27 % de sécheresse
buccale et 27 % de difficulté de mastication.
Ces difficultés sont observées surtout après
la radiothérapie où l'hyposialie peut être
sévère et invalidante. Elle nécessite
une humidification régulière des muqueuses obligeant
le laryngectomisé à se déplacer avec
une bouteille d'eau. Un traitement médicamenteux à
base de pilocarpine peut être proposé. L'hyposialie
peut régresser de manière partielle et inconstante
dans les premières années après la radiothérapie.
Elle entraîne des poussées de candidoses
buccales dont le traitement repose sur des bains de bouche
bicarbonatés associés à un antifongique
local ou par voie générale.
À plus long terme, apparaît une
fragilité dentaire dont le seul traitement est préventif
avec l'application quotidienne de gel de fluor à l'aide
de gouttières confectionnées sur mesure.
Quant à la langue noire villeuse, aucun
traitement médicamenteux n'est nécessaire si
elle est asymptomatique. On peut conseiller un simple brossage
de la langue.
Après la radiothérapie on observe très
souvent un jabot sous mental dont les fluctuations inquiètent
le malade et pour lequel aucun traitement spécifique
n'estnécessaire. La sclérose cervicale est majorée.
Une rééducation avec massage peut en limiter
l'importance. Enfin, on peut observer plus rarement une dermatornyosite.
E M C
ENCYCLOPEDIE MEDICO-CHIRURGICALE
Elsever- Paris 1998
OTO- RHINO- LARYNGOLOGIE
Réinsertion et surveillance médicale du laryngectomisé
Dr G. Mamelle, chef de service de chirurgie cervico faciale
Dr C. Domenge, médecin interniste
Mme E. Bretagne, orthophoniste
(Institut Gustave Roussy)
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