|
Le diagnostic
À l'annonce du diagnostic, les malades
disent le basculement de leur vie dans un autre monde, la
sidération, l'anéantissement. Ils parlent de
sentence, de verdict, de mort, de la violence inouïe
de passer en quelques minutes de l'état de bien-portant
à celui de cancéreux. Certains parlent de la
brutalité de l'annonce : par téléphone,
en cinq minutes, au détour d'un couloir
Presque tous les malades veulent connaître
la vérité, mais à leur rythme, avec précaution,
considération. Ils reconnaissent leur ambivalence,
la part d'espoir nécessaire pour lutter. Il y a ceux
qui décident de ne pas savoir, des proches qui décident
de ne pas dire, comment gèrent-ils l'après ?
En résonance, les médecins parlent de leur difficulté
à annoncer le diagnostic, des quelques secondes qu'ils
ont pour juger si la personne est assez solide et entourée
pour connaître la vérité, «on ne
peut pas toujours prononcer le mot cancer immédiatement
».
Trouver les mots pour le dire et le temps pour
le dire semble être l'enjeu de ce moment crucial pour
le malade. Certains médecins ont trouvé des
solutions : une première consultation d'annonce plus
longue ou deux consultations rapprochées, de l'écoute,
de la chaleur.. et surtout une proposition concrète
et rapide de prise en charge. Une assurance que le combat
contre la maladie se mènera ensemble.
« Pour moi le cancer voulait dire mort. La première
fois qu'on arrive à D., on pense D., c'est le cancer,
c'est la mort. J'ai ressenti une sorte de vertige qui me faisait
basculer dans un autre monde. »
« C'est un grand choc dans notre vie, nous le recevons
mal quelle que soit la façon dont le diagnostic nous
est donné. »
LIVRE BLANC DES MALADES / LA LIGUE CONTRE
LE CANCER
|