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La méthode
La rééducation commence par un
rappel des conséquences anatomiques de la laryngectomie
: la trachée étant déviée, la
respiration se fait désormais au niveau du cou et non
plus par la bouche ou le nez. Le trajet suivi par les aliments
reste le même.
Puis on explique le mécanisme de la nouvelle voix.
Il consiste à produire un son vocal sophagien
en recréant un flux aérien qui fait vibrer la
néoglotte ou sphincter supérieur de l'sophage.
Cette néoglotte est constituée par le muscle
cricopharyngien et le muscle constricteur inférieur
du pharynx. Elle remplace le vibrateur laryngé.
Pour cela, le patient doit faire pénétrer l'air
dans l'sophage et le faire ressortir en produisant une
éructation volontaire. sonore et contrôlée.
Il doit donc abandonner la voie chuchotée. L'articulation
des sons continue à se faire comme avant, grâce
à la langue, aux lèvres et à la mandibule.
Parallèlement, le laryngectomisé doit apprendre
à contrôler sa respiration pour mobiliser l'air
de la bouche et du pharynx sans mettre en jeu de façon
réflexe l'air des poumons.
Pour introduire l'air dans l'oesophage et obtenir
une émission sonore et contrôlée, plusieurs
techniques sont possibles :
- la déglutition, qui utilise le mécanisme naturel
qui nous permet d'avaler. Cette méthode engendre une
parole fractionnée.
- l'inhalation ou gobage (Seernan) consiste à aspirer
l'air dans l'sophage au cours d'une inspiration, en
laissant la bouche entrouverte. Cette méthode entraîne
une
pénétration sonore de l'air dans l'sophage
et un bruit de souffle pulmonaire important
- la technique des blocages, qui utilise la pression glossopharyngienne
pour refouler l'air de la bouche et du pharynx dans l'sophage
par le blocage des muscles
buccaux. Ce blocage peut être labial [p] apicodental
[t] ou au niveau de la base de langue [k]. Cette technique
fait intervenir une pression abdominale, met en jeu plus d'énergie
et donne une parole hachée et saccadée ;
- la méthode hollandaise (Damste), dite des consonnes
injectantes. Elle est proche de la précédente.
Elle consiste en une injection d'air dans l'sophage.
pendant
l'articulation de consonnes telles que le [p] de PA, Il faut
insister sur le serrage des lèvres, tête légèrement
fléchie, l'entrée d'air se produit alors et
il ressort de lui-même sans effort lorsque l'on ouvre
la bouche pour articuler [a]. Elle nécessite peu d'énergie.
La technique des blocages et la méthode
hollandaise sont les plus utilisées mais l'orthophoniste
doit connaître toutes ces méthodes afin de choisir
la mieux adaptée à son patient.
Quelle que soit la méthode choisie, la
rééducation suivra la même progression
:acquisition du mécanisme entrée d'air/éructation,
puis transformation de l'éructation en son articulé.
en allongeant peu à peu l'émission sonore: voyelles
prolongées puis une syllabe puis jusqu'à l0
à 15 syllabes en une seule charge d'air.
Seul un travail assidu de la part du sujet permet d'aboutir
à l'utilisation réflexe du mécanisme.
C'est un travail qui demande persévérance et
courage.
Une rééducation respiratoire est toujours associée.
Elle permet d'éviter un blocage inspiratoire, en apprenant
au patient à effectuer une expiration forcée
par mobilisation de la sangle abdominale. Elle fait partie
des exercices de relaxation nécessaires à la
rééducation. Elle est aussi nécessaire,
en cas de bronchite chronique. pour faciliter l'expectoration
des sécrétions bronchiques.
E M C (ENCYCLOPEDIE MEDICO-CHIRURGICALE)
/ Elsever- Paris (20-710-A-30
1998 ) OTO- RHINO- LARYNGOLOGIE
Réinsertion et surveillance médicale du laryngectomisé
Dr G. Mamelle, chef de service de chirurgie servico faciale
Dr C. Domenge, médecin interniste
Mme E. Bretagne, orthophoniste
(Institut Gustave Roussy)
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