Qu'est-ce que la laryngectomie ?

Le cancer du larynx
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Base documentaire : Le rappel physiologique > Les cancers du larynx > Traitement évolution

Traitement évolution

Conférence du Dr LUBOINSKY

Evolution - Un point en 1994

Les laryngologistes ont toujours été confrontés au problème de la mutilation, de la laryngectomie totale.
Historiquement, on a développé des moyens différents pour essayer de pallier la laryngectomie totale.

Les premiers de ces moyens sont les moyens chirurgicaux.
On a appris, et là je dois encore citer mon Maître LEROUX ROBERT qui avait fait une thèse en 1936 absolument extraordinaire - c'était un grand précurseur - à connaître le cheminement. Le larynx n'est pas très grand mais compartimenté. (une sorte de sous-marin comportant des compartiments plus ou moins étanches), mais on a appris, en fonction du point de départ de la tumeur, à connaître le cheminement de cette tumeur à l'intérieur du larynx, et progressivement on a développé des méthodes à côté de la laryngectomie totale, pour certains types de tumeurs, des méthodes de laryngectomie partielle.
Cela, c'était le premier progrès réalisé. On n'avait plus besoin d'ôter tout l'organe. Et il y a un pourcentage, non négligeable, de gens qui peuvent bénéficier d'une laryngectomie partielle. Après la laryngectomie partielle, on a développé, toujours sur le plan chirurgical, les laryngectomies dites "sub-totales".
Là, cela devenait un peu plus acrobatique mais on a réussi à supprimer les 3/4 du larynx, à enlever les cordes vocales, et pourtant on fait parler ces patients. Cela représente actuellement, dans notre expérience, environ 20 % de ce qui avant était encore des indications de laryngectomies totales.
Mais cela ne suffisait pas, il y avait cette part irréductible de patients qui, pas forcément pour des tumeurs très grosses, mais des tumeurs mal placées, ou avec un site d'origine mal placé qui ne sont pas compatibles avec aucune des techniques de laryngectomies partielles, ou sub-totales, et donc il restait le groupe important des gens traités par laryngectomie totale.

Pour vous donner un exemple, une statistique :
On a revu dans mon service une série de 1000 cas, 950 exactement, de patients porteurs de cancer du larynx. Un tiers sont des indications irréductibles de laryngectomies totales, exactement un tiers.
Alors, sur ce tiers on s'est dit : "Est-ce qu'il n'y a pas d'autres méthodes, autres que chirurgicales, pour essayer de préserver l'organe ?".

Et cela, actuellement, n'est pas une démarche qui nous est propre mais une démarche mondiale. Est apparue la chimiothérapie. On en a dit beaucoup de choses. On a eu des périodes d'enthousiasme : dans les années 60, cela a été un enthousiasme extraordinaire, dans les années 70, un enthousiasme profond et dans les années 80, une période de validation.

On a regardé ce qu'étaient les résultats, puis dans les années 90 est venue la période de déception : on n'avait pas apporté grand chose sur les résultats globaux en matière de traitement de cancers. Mais, par contre, il y avait une catégorie particulièrement intéressante de gens qui recevaient la chimiothérapie, c'étaient ceux qui, après trois cures de chimiothérapie initiales, n'avaient plus de tumeur.
Et je dois vous dire que laryngectomiser un patient pour lequel on ne voit plus de tumeur, qui a complètement répondu à la chimiothérapie, était un crève-cœur.
Alors, on s'est dit "traitement global pour traitement global, et si on transformait l'indication de laryngectomie totale en indication de radiothérapie exclusive ?".
Initialement, on savait que la radiothérapie exclusive contre la laryngectomie totale n'était pas jouable. Les résultats étaient beaucoup moins bons en radiothérapie exclusive qu'en chirurgie première.
Mais si on sélectionnait, par la chimiothérapie, les gens qui avaient parfaitement répondu et qu'on leur faisait une radiothérapie, au lieu de faire une laryngectomie totale, et bien, on donnait 25 % environ de chances supplémentaires

Il n'y a pas longtemps qu'il est démontré que l'on peu le pratiquer sans faire courir de risques aux patients ; c'est de cette année. Mais, par contre on ne peut pas mettre tout le monde chimiothérapie. On a encore à l'intérieur du larynx, des contre-indications à la chimiothérapie l'envahissement du cartilage.. des choses comme cela. On sait que cela ne marche pas et que ce n'est pas la peine de le faire.
Il y a donc une population sélectionnée pour laquelle on peut faire un petit peu plus.
Voilà, où nous en sommes actuellement.
C'était peut être un peu long, mais je crois qu'il fallait développer comme cela pour bien comprendre le cheminement. Et puis, peut être trouvera t on demain, après demain, une autre méthode pour préserver le larynx.
Moi, je suis chirurgien, et mon but est de ne plus opérer surtout pour essayer d'éviter au maximum la mutilation. Personne n'y trouve son compte dans l'affaire, ni le mutilé, ni le chirurgien.

CONFERENCES AG Paris
Archives de l’Association
Les Laryngectomisés et Mutilés de la Voix de la Région Parisienne

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