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Le diagnostic en cancérologie
ORL
DOCTEURS R. BOTREL, B. GODEY
Assistants, Chefs de Clinique ORL et de Chirurgie Maxillo-Faciale
CHU PONTCHAILLOU - RENNES
Le
diagnostic clinique
1 - Le diagnostic repose en tout premier
lieu sur les symptômes ressentis par le patient ou découverts
par le médecin traitant :
- une douleur à l'oreille, surtout si le tympan est
normal à l'examen
- une gêne à la respiration, surtout à
la phase d'inspiration
- une modification de la voix, qui devient rauque, voilée,
éteinte
- une gêne à la déglutition, avec sensation
d'accrochage ou de blocage lors de l'alimentation
- une tuméfaction cervicale, qui peut être remarquée
par le patient
Ces signes, s'ils ne sont pas spécifiques, doivent
alerter le patient et le médecin s'ils persistent,
et conduisent à consulter un ORL, ceci afin d'éviter
des retards diagnostiques qui sont préjudiciables.
2 - L'interrogatoire permet de se renseigner sur les habitudes
de vie du patient :
- consommation de tabac
- consommation d'alcool
Qui, séparément et encore davantage quand ils
sont associés, ont un effet toxique sur la muqueuse
de la sphère ORL. Il recherche également l'existence
de lésions préexistantes comme une laryngite
chronique ou un lichen plan au niveau buccal. Enfin, certaines
professions travaillant l'amiante, le nickel, seraient plus
exposées au risque.
3 - L'examen réalisé doit être systématique
et complet.
Il concerne la bouche et le pharynx
- Le larynx : c'est la pharyngo-laryngoscopie indirecte, réalisée
avec un éclairage frontal et miroir glissé au
fond de l'oropharynx, car il s'agit de zones cachées.
Le réel progrès dans l'examen se traduit par
l'apparition du nasofibroscope, utilisant des fibres optiques
souples et permettant un examen dans des conditions naturelles
de respiration, de déglutition. Le passage du nasofibroscope
se fait par les fosses nasales, il est indolore et facilement
reproductible. Enfin, l'examen du cou, par une palpation soigneuse,
permet de préciser l'existence de ganglions. Au terme
de cette consultation, la réalisation d'une panendoscopie
avec biopsies s'impose pour confirmer et préciser le
diagnostic.
Le
diagnostic endoscopique
La panendoscopie est la clé
de voûte du diagnostic. Elle est indispensable car de
bien meilleure qualité que l'examen au cabinet. Elle
est réalisée au bloc opératoire, sous
anesthésie générale.
Elle permet de réaliser des prélèvements,
appelés biopsies, qui seront analysés et qui
font le diagnostic.
La panendoscopie vérifie :
- la trachée et les bronches, grâce à
un bronchoscope, tube rigide placé dans la trachée,
qui permet de faire respirer le patient
- l'oesophage grâce à un oesophagoscope
- l'ensemble de la sphère ORL, bouche, pharynx, larynx
qui sont examinés avec des optiques rigides, plus performantes.
Cet examen est également réalisable dans le
cadre de la surveillance des patients déjà opérés
et irradiés quand apparaît une modification suspecte
de l'état clinique.
Les examens complémentaires
Ils ne font pas le diagnostic, ils
le précisent.
La radiographie thoracique est utilisée pour la surveillance
à long terme.
Le scanner et l'échographie représentent des
progrès importants :
- le scanner utilise des rayons X. Il permet de localiser
une masse cervicale ou laryngée, mais ne peut en préciser
la nature. C'est un examen performant, non invasif, lors du
diagnostic initial et de la surveillance.
- l'échographie utilise les ultrasons. Elle est surtout
intéressante au niveau du cou pour le diagnostic et
le dépistage des ganglions, mais n'est pas efficace
sur l'os ou le cartilage UIRM permet comme la scanner de faire
un diagnostic de localisation, et est également peu
efficace sur l'os. Les marqueurs biologiques, dosés
lors d'examens sanguins, sont peu spécifiques de ce
type de pathologie.
Conclusion
Le diagnostic repose sur l'examen que réalise
le médecin ORL et ce diagnostic est confirmé
par les biopsies.
Les progrès concernent différentes techniques
qui vont permettre d'aider le médecin à mieux
visualiser une lésion ou à mieux la cerner afin
de pouvoir proposer le traitement le plus approprié
:
- des techniques de visualisation directe comme les optiques
souples (nasofibroscope) ou les optiques rigides
- des techniques d'imagerie médicale comme l'échographie
et le scanner.
CONGRES DE RENNE
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